Marathon, première…

12/04/2017

 

Le marathon est une discipline universelle, mythique que j’avais envie de découvrir depuis quelques temps….
Paris – 9 avril 2017, c’est le grand jour. L’excitation et l’envie d’une première se mêlent à l’appréhension de l’inconnu, au doute et au côté mystique de l’épreuve avec ce fameux mur !
Et puis Paris reste une grande fourmilière et près de 50000 coureurs au départ, même étalés en plusieurs vagues, cela reste assez impressionnant.

Avec mon acolyte, Clément, nous effectuons un bref échauffement avant de regagner la ligne de départ où nous bénéficions grâce à nos chronos sur semi-marathon du SAS élite. C’est un privilège assez appréciable en termes de logistique mais aussi l’occasion d’approcher de très près toutes les têtes d’affiche et saluer les meilleurs français présents toujours très disponibles et sympathiques. On en profite aussi pour voir si des coureurs vont partir sur les mêmes bases que nous pour essayer de former des groupes.
Au fil des discussions, on se rend compte que le groupe des premières filles doit partir sur les bases de 1h11’ au semi avec deux lièvres de luxes (Fred B et James T) jusqu’au trentième kilomètre. Avec Nicolas Navarro et Julien Masciotra, on se dit que ce peut être vraiment le bon wagon. Deux fois 1h11’ ça fait 2h22, même si on dit souvent que la régularité est un facteur important de la performance sur marathon, je sais que la deuxième moitié est un peu plus difficile et que l’on va surement perdre un peu de temps dans les derniers kilomètres, ça peut quand même faire 2h23’-2h24’ au final. Pour une première ce serait déjà un beau résultat aux vues de la préparation.

8h20 – C’est parti, on dévale les champs-Elysées en pleine voie, il y a de la place, faux-plat descendant, ça tourne tout seul. Et pourtant je suis surpris que dès les premiers hectomètres des groupes de niveaux se forment si rapidement. Je retrouve Nicolas. Place de la Concorde, on est du coup entre deux groupes. Devant c’est le groupe de Paul Lalire qui doit partir plutôt sur les bases de 1h08’30’’ au semi et juste derrière le groupe des filles. On reste un ou deux kilomètres légèrement intercalés pour voir si un petit groupe se forme proche de nous car il y a bien des étrangers que nous n’avons pas repéré, mais finalement non. On décide d’attendre le groupe des premières filles. C’est un beau petit peloton.
Fred nous conseille de rester bien au chaud dans le groupe. Mais malgré tout, je trouve qu’il est plus agréable d’être proche de Fred et James qui ont un rythme très régulier et fluide plutôt que derrière les filles qui ont une course un peu plus saccadée. Julien et Nicolas, sont là également, tranquillement.
16’42’’ au km 5, 33’31’’ au km 10, ça déroule comme sur des roulettes sur cette première partie.
Je ne regarde pas plus que ça le chrono, Fred et James nous rassurent souvent, pour l’instant nous n’avons qu’à suivre, emmenés comme dans un fauteuil !

A partir du 15ème kilomètre, il y a quand même des passages où une petite difficulté se fait ressentir, il ne faut pas trop penser aux kilomètres qu’il reste pour ne pas trop cogiter. Dans ces moments on se dit que le groupe est vraiment appréciable. Quelques hectomètres plus loin, on se sent de nouveau plus à l’aise, ça va et ça vient. Je m’attendais à ce ressenti mais pas forcément si tôt dans la course.
J’essaye de me relâcher au maximum et finalement on atteint le semi en 1h10’19’’, c’est parfait ! Le groupe est encore conséquent avec 6 ou 7 africaines, c’est impressionnant. En plus de vivre notre course nous profitons du spectacle.
Nous sommes revenus sur les quais, il y a de nouveau beaucoup de monde sur le bord du parcours. Je trouve cette ambiance vraiment agréable, les gens sont chaleureux et très encourageants, pour l’instant la matinée est idéale. Le soleil est de la partie, les conditions sont top !
On enchainent alors les passages sous les tunnels avec leurs petites remontées à la sortie mais bizarrement je ne trouve pas cela trop dur même si musculairement je commence à marquer, on est toujours très régulier.
Km 30, Fred et James ont fait leur boulot et remarquablement bien fait, ils s’écartent, un grand Merci à eux.
Il reste 12km, nous savons tous que c’est là que la course commence.
Il reste encore 5 ou 6 filles avec nous mais elles vont avoir un temps d’observation et leur rythme va fléchir un peu. Nous nous retrouvons alors entre garçons avec Nicolas et Julien. Nous avons un niveau assez proche et pendant quelques kilomètres nous allons nous entendre à merveille pour garder un rythme régulier. Les kilomètres défilent encore assez vite malgré la bosse du 32-33ème kilomètre.
On arrive alors dans le bois de Boulogne, on commence à apercevoir devant les premiers coureurs qui prennent un peu le mur ! De nôtre côté ce n’est pas le cas et Nicolas a même des fourmis dans les jambes, on voit qu’il a envie d’aller les chercher rapidement. Je préfère encore rester un peu prudent, Nicolas s’en va légèrement. Depuis un moment je ne regarde plus du tout le chrono, je me concentre sur ma course, ma foulée. Nous passons une dernière fois avant l’arrivée devant nos suiveuses de choc qui me reboostent. Leurs encouragements me permettent d’essayer de trouver encore du relâchement même si cela commence à devenir plus dur. Nous faisons encore course commune un moment avec Julien. C’est d’autant plus sympa qu’avec le même prénom, nous avons donc deux fois plus d’encouragements ;-)
J’essaye de garder un rythme régulier et progressivement je sens que Julien laisse filer quelques mètres. Mais c’était sans compter sur le retour des filles. Deux gazelles me reviennent dessus à une allure impressionnante.  Je sens bien que la bataille pour la gagne est en train de se jouer. Pierre-Etienne sur la moto me dit qu’elles viennent de faire 2 kms à 3’10’’, juste hallucinant à ce moment de la course. Je me dis aussi que ce serait quand même surprenant qu’elles poursuivent à ce rythme jusqu’à l’arrivée. P-E m’encourage, je m’accroche. Pendant les 4 – 5 derniers kilomètres nous allons faire le yoyo, enfin, elles vont faire le yoyo à s’attaquer ralentir, se réattaquer, quel spectacle, parce que de mon côté je suis encore assez régulier même si je commence à me crisper sérieusement.
Dans une courbe, je manque même de m’emmêler les pinceaux avec la future gagnante. Je ne sais pas trop qui a changé légèrement de trajectoire, je me retrouve très « couillon » pour le coup. Heureusement aucune conséquence, elle est seulement un peu déséquilibrée mais cela lui permet même de placer une ultime attaque. A peine le temps de m’excuser que la voilà partie vers la victoire.
Je m’accroche une dernière fois et la repasse à l’amorce de la dernière ligne droite.

Photo Gilles Bertrand SPE 15Cette fois ça y est je suis Marathonien. Le chrono s’arrête sur 2h20’47’’ je suis aux anges. Nicolas vient d’arriver, les deux premières filles terminent épuisées, Julien est juste derrière.
Le marathon est désormais un peu moins mystique, il est même dompté, bien vécu et finalement moins douloureux qu’imaginé.
Clément passe la ligne en 2h28’, la matinée restera gravée. Nous pouvons rejoindre nos supportrices de choc, profiter d’elles, et aussi partager ça avec celui qui m’a depuis très longtemps inspiré, conseillé, soutenu et bien plus… et qui avait fait spécialement le déplacement, Mr Jean-Claude L.
Les jambes sont dures mais les cœurs sont heureux ; vive la course à pied, vive le marathon, l’envie de recommencer est déjà là….
 

Je voudrais spécialement remercier, d’abord Julia pour son soutien sans faille durant la préparation et encore le jour de la course, mon acolyte avec qui j’ai partagé bien plus que la préparation et la course Clément, sans oublier Alex bien évidemment. Mes compagnons de route pendant ce marathon. Jean-Claude pour ces précieux conseils et son expérience.
Mais aussi tous ceux qui ont partagé un bout d’entrainement, un conseil, une expérience…avec moi.
Et vous tous qui m’avait adressé tant de messages d’encouragements ou de félicitations et que je n’ai pu remercier de vive voix.

A très vite

Julien

                                                                                                       

Bonus: Le dernier km en compagnie de la tête de course féminine: ici