Neirivue – Le Moleson

Le 21/06/2017

 

38ème édition de cette classique Suisse et pourtant c’est ma première participation. Ce n’était pas l’envie qui manquait mais pas toujours évident de tout caler dans le calendrier !
2017 c’est la bonne, la réputation de la course n’est plus à faire, je réponds donc favorablement avec grand plaisir à l’invitation de l’organisation.
Une course historique, dans la tradition des courses en montagne, 10.6km pour 1290m+. Le départ d’un petit village de la vallée et l’arrivée sur le sommet emblématique de la région de la Gruyère : le majestueux Moléson.  Et puis la Suisse reste un beau modèle en terme d’organisation. Une course faite pour les coureurs !
En arrivant dans le ce coin verdoyant du canton de Fribourg, on en prend déjà plein les yeux, de belles montagnes bien entretenues et une atmosphère paisible qui donnent envie de fouler un peu tous les sommets des environs. Mais le lendemain il y a course et grosse course avec un beau plateau international (Mamu, Janu, Milesi, Costa, Tefera,  Ariri…) mais aussi tous les meilleurs suisses ( Bonnet, Schmid, Lustenberger brothers,  Mathys, Egli, Jodidio, Ramuz, Leboeuf…) venus tenter de gagner leur ticket pour les championnats internationaux de l’été ; alors il faut rester tranquille. Juste l’occasion de repérer les premiers kilomètres de la course tranquillement.
C’est l’occasion de retrouver l’éryrhréen Petro Mamu, toujours pas très loquace, mais aussi la bande de Tchèques, Vicenzo et tant d’autres le lendemain matin. Car si Neirivue ne compte que 300 habitants, ce sont près de 600 coureurs et 200 bénévoles qui débarquent le matin. Une belle effervescence, mais tout est calé comme sur du papier à musique.
Il fait chaud mais avec un départ à 9h et une arrivée à 2000m la journée devrait bien se passer.

Ici, l’heure c’est l’heure et du coup en discutant sur la ligne de départ, on se fait presque surprendre par le coup de pistolet. Un départ sur route mais qui commence vite à monter ! Les favoris se positionnent à l’avant, je prends part à ce peloton de tête. Tout le monde sait que Mamu est quasiment intouchable (en tout cas pour nous) sur ce type de parcours. Du coup tout le monde le laisse mener la course. Il y a bien un ou deux coureurs qui essayent de s’accrocher mais ça ne va pas durer longtemps.
Dès le deuxième kilomètre le petit érythréen de poche s’échappe inexorablement, pas vraiment une surprise ! Seul Jan Janu le Tchèque tente de suivre à distance respectable. Nous formons derrière un petit groupe avec le Champion de Suisse Jonathan Schmid, les frères Lustenberger, Christian Mathys puis Rémi Bonnet qui revient un peu de l’arrière au bout de quelques kilomètres.
De mon côté les jambes tournent plutôt bien malgré une troisième course en 3 semaines.
Au bout d’un peu plus de 3km nous quittons la route, déjà bien pentue, pour une belle piste forestière, bien costaud elle aussi. Stephan Lustenberger et Christian Mathys cèdent un peu de terrain, Rémi nous devance légèrement mais nous restons assez groupé sur ces 7 premiers kilomètres.
Nous entamons alors près de 2km très roulant, souvent en faux-plat descendant sur un beau sentier. Jonathan et Daniel relancent très fort pour revenir puis dépasser Rémi. Je reste un peu en retrait car je sais que derrière il reste 2km et près de 500m de déniv encore.
Je reviens malgré tout sur Rémi au pied de l’ascension finale. Je connais ses qualités dans les parties raides et me dit que cela va être dur de le contenir mais nous avons Daniel et Jonathan en point de mire et il y a donc une belle bataille qui s’engage.
Dès le pied, je sens que j’ai les jambes pour revenir sur les deux de devant, je fais un premier effort pour les rejoindre assez rapidement. A ma surprise Rémi n’a pas suivi. Je les dépasse et voit Jan devant à une trentaine de secondes en train de marcher alors que je passe tout en courant. Je continue sur ma lancée, la fin est très raide mais magnifique dans ces pentes en herbes avec le sommet à vue. Je sens que je reviens sur Janu, je commence même à penser à la 2ème place mais c’était sans compter sur de maudites crampes aux mollets qui apparaissent. En quelques hectomètres je passe de l’ambition de la 2ème place à me dire que mes trois poursuivants vont me croquer facilement. Je serre les dents pour que ça rentre le moins possible, je suis obligé de marcher et de poser mes pieds comme sur des œufs pour ne pas cramper trop fort. Heureusement, derrière aussi ils sont dans le dur, il reste 2 lacets, je les sens mais j’essaye de perdre le moins de temps possible. Dernier virage, Rémi est sur mes talons mais je fais un dernier effort malgré les mollets complètement crampés pour terminer 3ème (1h01’41’’) Rémi 4ème, Jonathan 5, Daniel 6.
Derrière Maude Mathys réussi une course extraordinaire pour venir exploser le record  en 1h05’17’’(14ème au scratch).
Les copains français se succèdent, Yanis, Fred, Clovis puis Céline qui termine à une belle 4ème place.

On peut ensuite savourer la vue et le paysage avec ce temps magnifique avant de regagner la vallée en téléphérique + funiculaire + bus et se restaurer avant la remise des prix.

Au final une très belle course au niveau du parcours, de l’organisation/acceuil et au niveau sportif qu’on ne peut que recommander sans hésitation.

Les résultats complets : http://www.neirivue-moleson.ch/wp-content/uploads/MWResultats-Scratch-Neirivue-Le-Moleson-2017.pdf

            


 

 

 

 

 

 


Marathon, première…

12/04/2017

Le marathon est une discipline universelle, mythique que j’avais envie de découvrir depuis quelques temps….
Paris – 9 avril 2017, c’est le grand jour. L’excitation et l’envie d’une première se mêlent à l’appréhension de l’inconnu, au doute et au côté mystique de l’épreuve avec ce fameux mur !
Et puis Paris reste une grande fourmilière et près de 50000 coureurs au départ, même étalés en plusieurs vagues, cela reste assez impressionnant.

Avec mon acolyte, Clément, nous effectuons un bref échauffement avant de regagner la ligne de départ où nous bénéficions grâce à nos chronos sur semi-marathon du SAS élite. C’est un privilège assez appréciable en termes de logistique mais aussi l’occasion d’approcher de très près toutes les têtes d’affiche et saluer les meilleurs français présents toujours très disponibles et sympathiques. On en profite aussi pour voir si des coureurs vont partir sur les mêmes bases que nous pour essayer de former des groupes.
Au fil des discussions, on se rend compte que le groupe des premières filles doit partir sur les bases de 1h11’ au semi avec deux lièvres de luxes (Fred B et James T) jusqu’au trentième kilomètre. Avec Nicolas Navarro et Julien Masciotra, on se dit que ce peut être vraiment le bon wagon. Deux fois 1h11’ ça fait 2h22, même si on dit souvent que la régularité est un facteur important de la performance sur marathon, je sais que la deuxième moitié est un peu plus difficile et que l’on va surement perdre un peu de temps dans les derniers kilomètres, ça peut quand même faire 2h23’-2h24’ au final. Pour une première ce serait déjà un beau résultat aux vues de la préparation.

8h20 – C’est parti, on dévale les champs-Elysées en pleine voie, il y a de la place, faux-plat descendant, ça tourne tout seul. Et pourtant je suis surpris que dès les premiers hectomètres des groupes de niveaux se forment si rapidement. Je retrouve Nicolas. Place de la Concorde, on est du coup entre deux groupes. Devant c’est le groupe de Paul Lalire qui doit partir plutôt sur les bases de 1h08’30’’ au semi et juste derrière le groupe des filles. On reste un ou deux kilomètres légèrement intercalés pour voir si un petit groupe se forme proche de nous car il y a bien des étrangers que nous n’avons pas repéré, mais finalement non. On décide d’attendre le groupe des premières filles. C’est un beau petit peloton.
Fred nous conseille de rester bien au chaud dans le groupe. Mais malgré tout, je trouve qu’il est plus agréable d’être proche de Fred et James qui ont un rythme très régulier et fluide plutôt que derrière les filles qui ont une course un peu plus saccadée. Julien et Nicolas, sont là également, tranquillement.
16’42’’ au km 5, 33’31’’ au km 10, ça déroule comme sur des roulettes sur cette première partie.
Je ne regarde pas plus que ça le chrono, Fred et James nous rassurent souvent, pour l’instant nous n’avons qu’à suivre, emmenés comme dans un fauteuil !

A partir du 15ème kilomètre, il y a quand même des passages où une petite difficulté se fait ressentir, il ne faut pas trop penser aux kilomètres qu’il reste pour ne pas trop cogiter. Dans ces moments on se dit que le groupe est vraiment appréciable. Quelques hectomètres plus loin, on se sent de nouveau plus à l’aise, ça va et ça vient. Je m’attendais à ce ressenti mais pas forcément si tôt dans la course.
J’essaye de me relâcher au maximum et finalement on atteint le semi en 1h10’19’’, c’est parfait ! Le groupe est encore conséquent avec 6 ou 7 africaines, c’est impressionnant. En plus de vivre notre course nous profitons du spectacle.
Nous sommes revenus sur les quais, il y a de nouveau beaucoup de monde sur le bord du parcours. Je trouve cette ambiance vraiment agréable, les gens sont chaleureux et très encourageants, pour l’instant la matinée est idéale. Le soleil est de la partie, les conditions sont top !
On enchainent alors les passages sous les tunnels avec leurs petites remontées à la sortie mais bizarrement je ne trouve pas cela trop dur même si musculairement je commence à marquer, on est toujours très régulier.
Km 30, Fred et James ont fait leur boulot et remarquablement bien fait, ils s’écartent, un grand Merci à eux.
Il reste 12km, nous savons tous que c’est là que la course commence.
Il reste encore 5 ou 6 filles avec nous mais elles vont avoir un temps d’observation et leur rythme va fléchir un peu. Nous nous retrouvons alors entre garçons avec Nicolas et Julien. Nous avons un niveau assez proche et pendant quelques kilomètres nous allons nous entendre à merveille pour garder un rythme régulier. Les kilomètres défilent encore assez vite malgré la bosse du 32-33ème kilomètre.
On arrive alors dans le bois de Boulogne, on commence à apercevoir devant les premiers coureurs qui prennent un peu le mur ! De nôtre côté ce n’est pas le cas et Nicolas a même des fourmis dans les jambes, on voit qu’il a envie d’aller les chercher rapidement. Je préfère encore rester un peu prudent, Nicolas s’en va légèrement. Depuis un moment je ne regarde plus du tout le chrono, je me concentre sur ma course, ma foulée. Nous passons une dernière fois avant l’arrivée devant nos suiveuses de choc qui me reboostent. Leurs encouragements me permettent d’essayer de trouver encore du relâchement même si cela commence à devenir plus dur. Nous faisons encore course commune un moment avec Julien. C’est d’autant plus sympa qu’avec le même prénom, nous avons donc deux fois plus d’encouragements ;-)
J’essaye de garder un rythme régulier et progressivement je sens que Julien laisse filer quelques mètres. Mais c’était sans compter sur le retour des filles. Deux gazelles me reviennent dessus à une allure impressionnante.  Je sens bien que la bataille pour la gagne est en train de se jouer. Pierre-Etienne sur la moto me dit qu’elles viennent de faire 2 kms à 3’10’’, juste hallucinant à ce moment de la course. Je me dis aussi que ce serait quand même surprenant qu’elles poursuivent à ce rythme jusqu’à l’arrivée. P-E m’encourage, je m’accroche. Pendant les 4 – 5 derniers kilomètres nous allons faire le yoyo, enfin, elles vont faire le yoyo à s’attaquer ralentir, se réattaquer, quel spectacle, parce que de mon côté je suis encore assez régulier même si je commence à me crisper sérieusement.
Dans une courbe, je manque même de m’emmêler les pinceaux avec la future gagnante. Je ne sais pas trop qui a changé légèrement de trajectoire, je me retrouve très « couillon » pour le coup. Heureusement aucune conséquence, elle est seulement un peu déséquilibrée mais cela lui permet même de placer une ultime attaque. A peine le temps de m’excuser que la voilà partie vers la victoire.
Je m’accroche une dernière fois et la repasse à l’amorce de la dernière ligne droite.

Photo Gilles Bertrand SPE 15Cette fois ça y est je suis Marathonien. Le chrono s’arrête sur 2h20’47’’ je suis aux anges. Nicolas vient d’arriver, les deux premières filles terminent épuisées, Julien est juste derrière.
Le marathon est désormais un peu moins mystique, il est même dompté, bien vécu et finalement moins douloureux qu’imaginé.
Clément passe la ligne en 2h28’, la matinée restera gravée. Nous pouvons rejoindre nos supportrices de choc, profiter d’elles, et aussi partager ça avec celui qui m’a depuis très longtemps inspiré, conseillé, soutenu et bien plus… et qui avait fait spécialement le déplacement, Mr Jean-Claude L.
Les jambes sont dures mais les cœurs sont heureux ; vive la course à pied, vive le marathon, l’envie de recommencer est déjà là….
 

Je voudrais spécialement remercier, d’abord Julia pour son soutien sans faille durant la préparation et encore le jour de la course, mon acolyte avec qui j’ai partagé bien plus que la préparation et la course Clément, sans oublier Alex bien évidemment. Mes compagnons de route pendant ce marathon. Jean-Claude pour ces précieux conseils et son expérience.
Mais aussi tous ceux qui ont partagé un bout d’entrainement, un conseil, une expérience…avec moi.
Et vous tous qui m’avait adressé tant de messages d’encouragements ou de félicitations et que je n’ai pu remercier de vive voix.

A très vite

Julien

                                                                                                       

Bonus: Le dernier km en compagnie de la tête de course féminine: ici